Le paon et l’autruche
Mardi 27 avril 2010 par : J.Kaminsky
Face à la crise, les acteurs du marché ont deux stratégies, défensive ou offensive.Tout bloquer, se cacher aux abris en attendant que ça passe. Construire une ligne Maginot contre la crise. C’est une attitude de prudence aux yeux des uns, une politique de l’autruche aux yeux des autres.
La stratégie alternative est celle du paon. En matière de commerce, elle consiste à aller vers le chaland pour le séduire. Elle repose sur un minimum d’optimisme et de confiance en soi. C’est ce que démontre l’économie de nos voisins allemands. Traverser les kilomètres de halls du Cebit, à Hanovre représente une épreuve sportive, mais démontre aussi la vivacité de cette industrie. Quel contraste avec notre marché! Les Allemands organisent des foires, nous d’intimes “salons” (qui méritent bien leur nom) généralement parisiens. Alors que le salon de la sécurité, Infosecurity, à Paris, a été annulé cette année, par manque d’exposants, mais que son édition londonienne s’annonce énorme, on a la surprise de voir ces mêmes marques d’antivirus notamment, investir dans des stands gigantesques, à un étage, dans un hall de Hanovre.Il est vrai que, lors de la conférence de presse inaugurale du Cebit,August-Wilhelm Scheer, président de la fédération professionnelle BitKom, qui réunit l’informatique et les télécommunications, anonçait une reprise de la croissance du secteur, avec une estimation de croissance de +1,4 % en 2009 et en 2010 pour la France et pour l’Allemagne. Et une fin de crise l’an prochain, avec une prévision de l’ordre de +4 % en 2011. Tout en considérant que le marché du Cloud Computing connaît une croissance annuelle de 20 % ! *
Le sceptique ne verra là que la méthode Coué : le futur n’est jamais certain,les bonnes nouvelles sont pour les naïfs…Mais le porte-parole allemand annonçait une autre nouvelle intéressante. L’Europe a dépassé dans l’IT le chiffre d’affaires des Etats-Unis, pour monter sur la première marche du podium mondial : 28 % pour la CEE, 27 % pour les USA ! Quant à la Chine, elle va vite, mais pour le moment ne représente que le quart du CA européen, avec 7 % du CA mondial. L’Allemagne, séparément, se classe d’ailleurs avec 6 % du marché mondial, juste derrière la Chine.En cette ère de morosité, ces chiffres donnent une bouffée d’air frais, ce qui est l’antidote à la frilosité. Bien sûr, il faut y croire, et voir grand. Sinon, rien ne se passera, car un marché repose sur l’envie et sur la communication : si on veut que notre entreprise avance, il faut donner envie, et démontrer le besoin,aux clients (externes ou internes). La guerre de la croissance ne se gagne pas du fond du bunker. Il faut choisir : la tête dans le sable ou les plumes chatoyantes du marketing et de la communication. *Conférence de presse (en allemand) :
http://www.bitkom.org/files/documents/Vortrag_Prof_Scheer_Jahres-PK_01_03_2010_final.pdf
Jean Kaminsky – directeur de la publication solutions&logiciels